Ispahan à l’écran

Dimanche 8 avril de 10h à 13h, au cinéma Le Nouvel Odéon 

Consacrer une événement cinématographique à Ispahan, ce n’est pas seulement proposer au public un nouveau décor de film, c’est surtout rendre justice à un des plus somptueux lieux de tournage du cinéma iranien, certes peu utilisé, mais dans la plupart des cas très bien manié, et au plus près de son âme.

Parce que les capitales, leur fébrilité, la variété des mondes qui y cohabitent, sont une source de fascination sans égal pour les cinéastes, Téhéran est rapidement devenue le cadre de la grande majorité des films iraniens. Qu’ils en soient originaires ou non, les réalisateurs ont pris l’habitude de considérer la capitale iranienne comme un studio à ciel ouvert, l’endroit, s’il en est, où poser sa caméra. Et quand ils n’y filmaient pas, c’était pour aller vers les provinces les plus rurales, vers l’Iran des villages. Toujours est-il que de Khatchikian à Farhadi, Téhéran s’est imposée comme le lieu du cinéma iranien par excellence.

Mais en se penchant un peu plus sur les meilleures filmographies, on s’aperçoit que d’autres villes, Shiraz, Abadan, Ahvaz ont aussi su se faire une place sur l’écran, plus discrète certes, mais bien réelle. Et parmi ces autres villes une, et non des moindres : Ispahan. Du reste, comment s’en étonner ? Il y a nécessairement beaucoup à filmer dans la « moitié du monde ».

La mythologie qui s’attache à Ispahan, celle d’une Perse classique, presque rêvée, avec ses jardins, ses dômes, cet Iran intime a excité les imaginations de cinéastes iraniens comme étrangers. Siamak Yasemi a ainsi choisi l’ancienne capitale royale pour y tourner son Trésor de Qaroun, en 1965. Quelques années plus tard, au cours d’un voyage en Iran, Antonioni s’y arrête, en quête d’inspiration pour ce qui donnera – finalement ailleurs – Profession reporter. À la même période, Pasolini songe y tourner ses Mille et Une nuits.

Mais ce sont trois films tout à fait différents qui marqueront cette matinée ispahanaise au Nouvel Odéon : Madjid de Kiumars Pourahmad est une ode à la jeunesse, à la poésie, mais aussi à l’existence quotidienne des habitants d’Ispahan. Un adolescent aux ambitions poétiques se prend sans cesse les pieds dans sa condition d’enfant, et de la sorte découvre toujours plus la vie. Quoique d’une façon très différente, Plaisir d’amour d’Agnès Varda est aussi une film poétique. Mieux, c’est un poème filmé. À l’origine séquence d’un long-métrage, L’Une chante, l’autre pas, cet épisode à Ispahan a finalement été retranché de la version finale du film. Plaisir d’amour est l’heureux sauvetage de cette séquence. On y voit l’amour d’un couple se reconnaître dans l’architecture classique ispahanaise, y lire ses sentiments comme dans un miroir. Enfin, un des grands noms du cinéma anthropologique, Jean Rouch, s’est épris de l’Iran grâce à plusieurs voyages et, subjugué – comme tant d’autres – par la Mosquée du Shah, lui a consacré un très beau court-métrage : La Mosquée d’Ispahan.

“Je voudrais que toi et moi, on essaye d’écrire des sortes d’anti-Lettres persanes”, Jean Rouch, La mosquée d’Ispahan, 1977.

Les inscriptions se déroulent par ici.

Attention, la séance n’est pas gratuite, il vous sera nécessaire de vous procurer une place au Nouvel Odéon.

Plein tarif : 9,50€
Réduit (chômeurs, étudiants, – 18 ans, familles nombreuses, +65 ans) : 7,50€
Tarif Jeune -15 ans : 5€

 

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